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| Accueil > Missions > Les plans de développement de la lecture publique en pays de Savoie > L'état des lieux et pratiques de lecture en pays de Savoie 1996-2006 | Dernière mise à jour le : 9 juin, 2009 |
| Les plans de développement de la lecture publique en pays de Savoie |
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L'état des lieux et pratiques de lecture en pays de Savoie 1996-2006 |
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Savoie-biblio recueille chaque année des données fiables provenant des lieux de lecture des collectivités locales de moins de 15 000 habitants (avec des taux de réponse de l’ordre de 90 %). En 2006, on y dénombrait 425 lieux de lecture (447 en 1996). Les collectivités plus peuplées acceptent également de donner copie des données qu’elles transmettent au ministère de la Culture. Ne sont pas prises en compte dans l’échantillon les bibliothèques pratiquant le prêt payant (réseau « Bibliothèque pour tous » notamment), ni les bibliothèques d’accès réservé à certains publics (BCD, CDI, bibliothèques des maisons d’arrêt, des comités d’entreprise, etc.), ni les bibliothèques spécialisées (bibliothèques diocésaines, pédagogiques, des sociétés savantes, des conservatoires, etc.).
Aujourd’hui, en pays de Savoie, 70 % des communes de moins de 15 000 habitants, et toutes les communes de plus de 15 000 habitants offrent un service de lecture publique à leurs habitants.
En 1996, le réseau de lieux de lecture publique en pays de Savoie était constitué de 27 % seulement de bibliothèques (répondant aux quatre critères de la typologie retenue), de 44 % de dépôts (répondant à moins de 2 critères) et de 29 % de points-lecture (répondant à au moins 2 critères).
En 2006, si la part des points-lecture est restée relativement stable (33 %), la part respective des bibliothèques et des dépôts s’est inversée (41 % de bibliothèques et 26 % de dépôts), soit une amélioration très nette de la qualité des équipements.
Ce réseau de lieux de lecture s’est donc, en dix ans, considérablement étoffé. En témoigne la masse financière que représentent les budgets de développement des collections cumulés de l’ensemble des collectivités de moins de 15 000 habitants en 2006 : près d’1,748 millions d’euros, soit environ 4 à 5 fois plus que celui de Savoie-biblio. Désormais, les collections propres de ces collectivités comptent près de deux millions de documents de tout type. Il n’y a plus que 46 lieux de lecture sur les deux départements à n’avoir pas constitué de fonds propre. Les documents prêtés par Savoie-biblio ne représentent plus que 9 % de l’offre des lieux de lecture à leurs usagers. Cependant, le nombre de bibliothèques est encore inférieur au nombre d’autres lieux de lecture (points-lecture et dépôts). Et au sein même de ce groupe des bibliothèques, le nombre de bibliothèques reconnues comme telles par l’État (« bibliothèques normatives ») est extrêmement faible : 5 bibliothèques en Savoie dans les communes de moins de 15 000 habitants, 8 en Haute-Savoie au 31 décembre 2006.
Ajoutons que la majorité des bibliothèques des communes de plus de 15 000 habitants sont considérées comme trop petites par l’État (Aix, Annemasse, Thonon...), ou leur personnel trop peu qualifié (Annecy-le-Vieux), même si les projets de construction à Bonneville et Cluses vont améliorer ce paysage d’ici trois ans.
La fréquentation des lieux de lecture
En 2006, 122 455 personnes se sont inscrites pour emprunter des documents dans un lieu de lecture public d’une collectivité locale de moins de 15 000 habitants en pays de Savoie, soit 19 % de la population. Ils y ont emprunté presque 3 millions de documents.
Les données nationales recueillies auprès des bibliothèques municipales de France en 2004 donnent des chiffres de fréquentation inférieurs (17,5 % de la population seulement) et une moindre présence des enfants dans le lectorat (35,1 % seulement). Il est malheureusement impossible d’évaluer la proportion d’usagers non inscrits (fréquentant les animations, consultant sur place, etc.). Dans les grands équipements, ces usagers commencent à être comptabilisés et sont fort nombreux. Or l’exiguïté, en général, des locaux des bibliothèques de proximité ne permet pas d’envisager ces usages diversifiés.
Les manifestations autour du livre
Le recensement des manifestations mené en 2005 a repéré 42 événements en pays de Savoie
L'activité de ces manifestations se concentrait sur les cantons urbains d'Annemasse, Chambéry et Thonon-les-Bains ou dans des cantons touristiques pour des manifestations estivales comme au Grand-Bornand, à Passy, La Plagne. En 2006, un nouvel état des lieux a repéré 18 manifestations répondant à au moins trois des quatre caractéristiques. 5 de ces manifestations étaient exclusivement consacrées à la jeunesse, 4 aux adultes et les autres (50 %) avaient une vocation plutôt généraliste. Chaque année, une à deux manifestations supplémentaires voient le jour. Savoie-biblio s’associe aux plus solides d’entre elles pour leur permettre de lier des partenariats tout au long d’une année de lecture et de rencontres avec les auteurs dans les bibliothèques. Ainsi, quinze bibliothèques (majoritairement dans le bassin chambérien) participent au Festival du premier roman, et vingt lieux de lecture (principalement haut-savoyards) à Lettres frontière : leurs lecteurs sont souvent réunis en comités dynamiques et structurés. Savoie-biblio a également développé le prix Rosine Perrier, en lien avec le salon du livre d’Hermillon : cinquante bibliothèques y ont participé en 2007 sur les deux départements. Forces du réseau de bibliothèques et autres lieux de lecture
De nombreux indicateurs d’activité sont à la hausse sur les dix années de l’analyse (1996-2006) :
Les lieux de lecture sont donc plus grands, plus souvent ouverts, proposent des collections plus nombreuses et renouvelées grâce à des budgets d’acquisition plus importants. Le personnel de ces bibliothèques est de plus en plus formé, et les salariés sont de plus en nombreux, assurant ainsi la pérennité du service. Ces efforts des communes pour mettre en place un service public de meilleure qualité, plus professionnel, ont entraîné une augmentation de l’utilisation du service de 10 % en dix ans. Ces efforts se constatent dans les communes importantes mais également dans des communes très peu peuplées, soutenues par des municipalités entreprenantes et Savoie-biblio. Ainsi, en 2006, on dénombrait 22 bibliothèques dans des communes de moins de 1 000 habitants sur les deux départements : des bibliothèques de niveau 3 à Montaimont (Savoie, 389 habitants) ou Seytroux (Haute-Savoie, 393 habitants), de niveau 2 à Saint-Jean-d’Arves (Savoie, 618 habitants) et même une bibliothèque de niveau 1 à Lanslebourg-Mont-Cenis (Savoie, 979 habitants). La force du mouvement associatif dans les milieux culturels explique la part du bénévolat dans les équipes animant les lieux de lecture (presque 90 %), assure l’ancrage territorial de la lecture publique et permet souvent la forte implication des lieux de lecture dans les projets d’animation locale.
Forces du réseau de manifestations autour du livre
Il importe tout d’abord de souligner l’envergure régionale et même internationale de deux des principales manifestations soutenues par l’Assemblée des pays de Savoie – le Festival du premier roman de Chambéry et Lettres frontière. La qualité de leur programmation et de leur réflexion, portant sur la création comme sur la médiation littéraire, vient enrichir le quotidien des bibliothèques du territoire.
Faiblesses du point de vue des bibliothèques et des manifestations
En Savoie, 7 lieux de lecture sur 10 ne sont pas des bibliothèques ; une forte majorité (70 %) de lieux ne répondent pas aux critères de qualité : 39 % sont des dépôts (0 ou 1 critère rempli) et 31 % des points lecture (1 ou 2 critères remplis). On ne compte que 5 % de bibliothèques municipales au sens plein du terme. En Haute-Savoie, 7 lieux de lecture sur 10 sont des structures fragiles. Un grand nombre (47 %) de lieux de lecture ne répondent pas aux critères de qualité : 13 % sont des dépôts (0 ou 1 critère rempli) et 34 % des points lecture (1 ou 2 critères remplis). On ne compte que 4 % de bibliothèques municipales au sens plein du terme. Le bénévolat a ses limites : un impressionnant « turn-over » des équipes animant les lieux de lecture et une moindre implication dans les projets de développement des bibliothèques, vécus comme une dépossession au profit de professionnels. L’intercommunalité reste balbutiante. Les quelques équipements reconnus d’intérêt communautaire sont rarement en état d’assurer une responsabilité territoriale au-delà du territoire de la commune centre : aucun n’était en 2006 une bibliothèque de niveau 1. Les actions de coopération et de mise en réseau des bibliothèques du territoire intercommunal, attendus par les élus et bibliothécaires des autres communes, ne pourront se mettre en place qu’une fois les moyens de ces équipements affermis. Le niveau d’équipement informatique des lieux de lecture est très variable : encore 26 % des bibliothèques (de niveau 1, 2 et 3) n’ont pas informatisé la gestion de leurs collections ni de leurs inscrits, et 3 sur 5 sont ne sont pas connectées à l’internet, ce qui ralentit leur information et freine la coopération entre bibliothèques. Quant aux manifestations autour du livre, si elles sont nombreuses, elles reposent cependant le plus souvent sur la force du bénévolat. Les organisateurs de manifestations manquent souvent de formation.
Faiblesses du point de vue des usagers
Selon leur lieu de résidence, les habitants des pays de Savoie n’ont pas tous accès à une offre de lecture publique qualitativement satisfaisante. C’est le cas notamment pour les habitants de l’avant-pays savoyard, à un moindre degré pour ceux de Maurienne, de Tarentaise-Vanoise, de l’Albanais et des Usses. Or, sur ces territoires, les librairies, constitutives d’une offre de lecture marchande, étant également absentes, ne peuvent venir compenser la carence de l’offre publique. Par ailleurs, sur l’ensemble des pays de Savoie, on dénombre encore 8 communes de plus de 5 000 habitants sans bibliothèque de lecture publique sur leur territoire. Un indicateur est à la baisse entre 1996 et 2006 : celui du nombre d’emprunteurs (- 11 %), reflet autant d’une évolution des pratiques culturelles que de la nécessité pour les lieux de lecture de l’échantillon d’évoluer pour (re)conquérir de nouveaux publics. Cette baisse est peut-être à nuancer : elle est peut-être la simple conséquence d’un meilleur décompte des inscrits. |