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Accueil > Sélections > Prix Rosine Perrier - Sélection 2011 > Iran - Debout sur la terre Dernière mise à jour le : 25 mars 2011

 

Iran - Debout sur la terre
IRAN
Debout sur la terre
Nahal Tajadod
Jean-Claude Lattès 448 pages
Nahal Tajadod - @ Jean-Marc Gourdon
Femme de lettres née à Téhéran en 1960, Nahal Tajadod a grandi dans une famille d’intellectuels. Elle s’installe en France en 1977 où elle obtient un doctorat de chinois. Initiée au soufisme, doctrine spirituelle de l’Islam, elle traduit les poèmes de Rûmi, poète persan et lui consacre une biographie Rûmi le brûlé avant de publier en 2007, Passeport à l’iranienne.
De la Perse des tribus guerrières à l’Iran des Ayatollahs, Nahal Tajadod dévoile les évolutions à marche forcée d’une civilisation séculaire. Les personnages qui traversent cette fresque incarnent les différentes facettes de la société iranienne. Ensiyeh, élevée comme un garçon pour succéder à son père en tant que khan, Fereydoun, jeune réalisateur dilettante, Monsieur V ou encore Massoud, électricien pauvre et naïf converti à l’Islam pour sortir de sa condition. Tous se croiseront lors d’une folle journée d’insouciance avant que les évènements ne forcent chacun à faire le choix d’une nouvelle vie.
Ensiyeh relut plusieurs fois le dernier mot, “fini”, et réalisa que le moment était venu d’accomplir pleinement le souhait de son père. Elle devait devenir, même sans arme, même sans monture, le dernier grand guerrier des Ilkhan.
Une heure plus tard, le deuil recouvrait déjà la maison. [...]
Sans voile, ni tchador, Ensiyeh se déplaça du côté des hommes et assista à la cérémonie funèbre. Gêné par sa présence, le mollah interrompit sa litanie, mais elle lui ordonna de continuer avec une telle autorité que l’homme s’exécuta sur-le-champ. Le soir, au lieu de mettre son pyjama, elle alla chercher en catimini, sur la pointe des pieds, “pourvu que personne ne me surprenne”, ses bottes, ses pantalons, son gilet en cuir, toute sa panoplie de petit khan, celle dans laquelle elle évoluait à Gohar Baran, au côté de son père. Elle les enfila et s’endormit ainsi. Elle voulait sans doute lui offrir, où qu’il fût, l’image d’un chef, d’un invincible petit chef, qui n’avait que quatorze ans.


Entre traditions et modernité, la société iranienne à l’heure du XXe siècle

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