 Ecoute,
mon gars, sois réaliste !
Laisse tomber tes histoires de t’asseoir
et d’écrire tous les jours, il y a des gens
plus calés pour ça et ces gens-là on
les
voit à la télé, ils parlent bien et
quand ils
parlent y a un sujet, y a un verbe et y a
un complément. Ils sont nés pour ça,
ils
ont été élevés dans ça,
alors que nous
autres, les nègres, c’est pas notre dada
l’écriture. Nous c’est l’oralité des
ancêtres,
nous c’est les contes de la brousse
et de la forêt, les aventures de Leuk-
le-Lièvre qu’on raconte aux enfants
autour d’un feu qui crépite au rythme du
tam-tam. Notre problème, c’est qu’on a
pas inventé l’imprimerie et le Bic, et on
sera toujours les derniers assis au fond
de la classe à s’imaginer qu’on pourrait
écrire l’histoire du continent avec nos
sagaies.
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Né au
Congo
en 1966, Alain
Mabanckou
débute sa vie
professionnelle à la
Lyonnaise des Eaux,
en se consacrant en
parallèle à l’écriture
de poèmes, puis
de romans et d’essais. Définitivement
rattrapé par les lettres, il est aujourd’hui
professeur de littératures francophones
et de littérature comparée à l’Université
de Californie. Ses écrits, couronnés de
nombreux prix, dont le Renaudot 2006
pour Mémoires de porc-épic, traitent de
la condition africaine, avec un refus de
“s’enfermer dans la noirceur”. Black
Bazar met en scène Fessologue, un dandy
originaire du Congo, et ses péripéties
parmi les immigrés africains de Paris.
Dans cette fable caustique, rythmée par
l’oralité, Alain Mabanckou s’attaque
aux
préjugés racistes et aux clichés
sur une
communauté noire multiple.
Eloge décalé
de la diversité dans le melting-pot noir parisien
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