 Marie-Hélène
Lafon
est née dans le Cantal
et vient d’une famille
d’agriculteurs. Après
une agrégation de
lettres classiques, elle
a choisi d’enseigner en
ZEP, et vit aujourd’hui
à Paris. Passionnée de
littérature, ce n’est qu’à 34 ans qu’elle
s’est autorisée à écrire. Son style,
marqué
par un grand souci de précision, est
imprégné de ses origines. La plupart
de ses romans et nouvelles sont ancrés
dans le monde rural. L’annonce, c’est
celle que passe Paul, agriculteur dans
le Cantal en recherche d’une compagne
pour réchauffer sa solitude. C’est Annette,
mère célibataire venue du Nord, qui y
répond. Dans un milieu paysan parfois
refermé sur lui-même, Annette va devoir
trouver sa place. Une rencontre lumineuse
entre deux êtres meurtris, qui a reçu le
prix Pages des libraires. |
Il
ne se laisserait pas faire, il ne
croupirait pas là, à Fridières, dans
la
maison confortable des oncles avec
Nicole qui était la soeur. [...]
Mais Nicole était sa soeur, comme lui
abandonnée. C’était ce mot, abandonné,
qu’il avait ruminé si longtemps dans
la grosse rage de la jeunesse, sans
savoir comment desserrer l’étau. Il ne
comprenait pas d’où lui venait ce mot
énorme. Il n’en voulait à personne,
il
n’aurait rien pu dire, mais à quarante
ans il s’était réveillé, calme
et résolu.
Résolu à cela, à cela seulement, il
aurait
une femme à Fridières, une femme
avec lui, à son côté pour les jours
et les
nuits pour vivre et durer. Il était Paul, on
ne l’empêcherait pas ; on, les autres,
personne ne l’empêcherait. Cette femme,
Annette, de Bailleul, du Nord, écoutait ;
elle était pour lui. 
Le bonheur est dans
le pré, version Depardon.
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