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Accueil > Prix Rosine Perrier > Sélection 2010 > France - Saint-Tropez - Michel Goujon Dernière mise à jour le : 11 mai, 2010

 

France - Sainte-Tropez - Michel Goujon

France  - Saint-Tropez

 
   

image décorative

La madrague

Michel Goujon

Liana Levi - 187 pages
     
Parfois, je serais presque heureux si je n’étais privé de femmes, de leur tendresse, et si mes obsessions de vengeance cessaient de me tourmenter nuit et jour.
Si, aussi, je n’étais, de temps à autre, victime d’accès de fureur que j’ai du mal à contenir et que je regrette aussitôt la crise passée, parce qu’ils sont stériles et qu’ils m’attirent les représailles des surveillants ; ils viennent dans mon cachot à plusieurs pour, disent-ils, me maîtriser. Dans ces moments-là, ils prétendent que je ne sens plus ma force et que je peux cogner comme un fou. Selon leur humeur, ils me ligotent ou bien me font revêtir un corset comme ils font avec les aliénés barricadés à vie dans les renfermeries du pavillon des cinglés.
Je vis emmuré et, malgré tout, dans ma tour, je ne me sens pas totalement hors du temps des hommes. J’ai quand même entendu, ces dernières années, tous les bruits de la Révolution.

Marie Casanova © Dominique Degli EspositiMichel Goujon connaît bien la terre d’ancrage de son premier roman, La madrague . D’abord pour y être né et y avoir vécu pendant vingt ans, ensuite parce qu’il y a consacré un premier ouvrage en 2002, Saint-Tropez et le pays des Maures. Il dirige par ailleurs depuis 2009 les éditions France Loisirs.
Enfermé depuis dix ans au bagne de Toulon, Simon Garcin n’a guère plus que ses souvenirs pour le raccrocher à la vie. Une vie qui a connu un tournant décisif lorsqu’il était enfant, quand son père, capitaine de navire, a disparu lors d’une expédition maritime. La misère, les manigances, les changements du monde embrassèrent alors le jeune homme pour l’étouffer. Mais c’était sans compter sur son acharnement à vivre…

 

Un à un, des pans de vie sont éffondrés, et le monde changeait.