Alors
que tous cherchent désormais à
faire les bons placements, à ne pas oublier
de prendre le train de l’industrialisation
galopante, Giobert s’enfonce chaque jour
davantage dans la pâte bleue. Comme
les moutons de pré-salé du Mont-Saint-
Michel régulièrement emportés par les
sables mouvants de la baie, Giobert
ne se débat plus. Il tire son miel de cet
engloutissement progressif. Ce n’est pas
pour rien qu’il est né avec ce visage bleu
qu’il trimballe depuis tant d’années.
Ce
visage, c’est sa croix et son salut, qui lui
crée des devoirs et des obligations, qui
lui a tracé une voie de laquelle il ne peut
s’éloigner, une règle à laquelle
il ne peut
déroger. Cette fois, la couleur exigée par
le Maître est coriace. Après le “Bleu
de
Soir”, le “Bleu de Lune”, le “Bleu
de Ciel”,
le “Bleu de Nuit”, le “Bleu Eau de Mer”,
voici venir le “Bleu de Crépuscule” qui
nécessite un investissement total, exige
une ascèse.
la
recherche de l'absolu dans la Savoie d'avant l'annexion.
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Né à Paris
en
1948, Gérard de
Cortanze écrit
depuis ses dix-huit
ans. Issu d’une
lignée d’aristocrates
piémontais et
descendant du
bandit Fra Diavolo,
ses origines s’entourent d’un halo
romanesque. Après des études de Lettres
et une formation de bibliothécaire, il
devient critique littéraire, producteur à
France Culture et directeur littéraire de
maisons d’édition. Renouant avec son
passé familial, il s’est spécialisé dans
le roman historique et a reçu le prix
Renaudot 2002 pour Assam. Indigo suit
cette même inspiration.
En 1859, la Savoie se prépare à devenir
française, alors que des meurtres
sanglants terrifient toute la région. Loin
de cette agitation, un homme ambigu et
au passé obscur, Giovani Gioberti, ne vit
que pour la quête d’une nuance de bleu
idéal. Dans une ambiance entre rêve
et réalité, il trouvera la connaissance
de soi.
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