 Née
en 1969 près de
Sète. Après l’ESSEC
et une agrégation ,
Valérie Boronad s’est
dirigée vers le théâtre
en commençant à
explorer l’écriture
dramatique. Elle se
partage aujourd’hui
entre l’enseignement et la direction avec
son mari de la compagnie Cache-Cache-
Artéfact, entre Paris et la Presqu’île
de
Giens. Les Constellations du hasard
ont marqué ses vrais débuts dans le
roman. Los Demonios livre l’échange
entre un père et son fils, brisé par
la dictature argentine. Luis a dû s’engager
dans la guérilla et protéger femme et
enfant du régime en les envoyant en
Europe. Il écrit à son fils pour lutter
contre l’oubli. Samuel, exilé en France
avec sa mère, réinvente un père
disparu, dont le deuil est impossible. Devenu adulte,
il écrit pour reconstruire l’histoire
de ses origines.
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Après, je lui ai parlé de l’Argentine.
Pas de tout ce que j’avais lu dessus, ni de
ce que le vieux m’a raconté, mais de ce
dont je me souviens, ou du moins, pour
être honnête, de ce dont je crois que je
me souviens. Je sais, j’étais qu’un bébé
minuscule à l’époque où on est
partis,
mais il paraît que, parfois, ces choses-
là peuvent arriver. Je me suis renseigné.
Après tout, ce que j’ai vu ou entendu ou
goûté ou respiré à cet âge-là,
c’était bien
réel, non ? Alors pourquoi ça ne serait
pas resté dans un petit coin de ma tête ?
Surtout que c’est pour ainsi dire un micro-
souvenir. Même dans une cervelle de
moineau, il aurait pu tenir. Je me souviens
de la mer. Je me souviens du bruit des
vagues. En haut de mon arbre, je crois
encore les entendre quand je ferme les
yeux très, très fort. Je sens le miroitement
du soleil derrière mes paupières, et sur
ma peau cette morsure. 
Un fantôme de la guerre sale.
L’imaginaire pour le retrouver.
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