
Née à Rennes
en 1967, Stéphanie
Janicot est devenue
journaliste pour
Bayard Presse, après
des études de droit
et sciences politiques.
Créatrice du magazine culturel
féminin Muze, elle se consacre à
l’écriture de romans, où elle s’attache
à raconter les relations humaines.
Son premier roman Les Matriochkas,
publié en 1996, a été plusieurs fois
primé.
L’héroïne de Dans la tête de
Shéhérazade, animatrice célèbre de
talk-shows, se replonge dans l’année
de ses quinze ans lors de la
préparation d’une émission sur les
adolescents. Fille d’un patron de café
marocain, elle était admise à cette
époque au prestigieux lycée Louis
Le Grand et, malgré le soutien de son
père, se heurtait aux difficultés
d’intégration dans l’élite sociale.
Cette année-là pourtant a orienté
le cours de sa vie. |
Il vous plaît de me considérer
comme la beurette aux
brillantes études. Une fille méritante.
Celle qui intégra un jour le meilleur
lycée de Paris. « ah ma fille, ma princesse,
mon bébé gémissait mon père
avec bonheur, mon trésor qui sera à la
rentrée mêlée à l’élite, à ceux qui sont
nés coiffés, à ceux qui ont tout reçu,
alors que nous, rien, si ce n’est cet
espoir fou d’accéder par le travail et
l’intelligence à ce que la vie offre de
meilleur. » Le lycée en question venait
d’ouvrir une section internationale
arabe, il fallait nourrir les classes, les
élèves maghrébins dans notre quartier
n’étaient pas légion. Aujourd’hui
encore, je ne peux m’empêcher de
me sentir comme alors, usurpatrice,
passagère clandestine, une fille à qui
l’on aurait donné à tort. |