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Confessions des lieux disparus
Bessa Myftiu
L'aube
222 pages
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La Maison de Mon Enfance a opté pour le suicide. Épanouie au temps du roi Zog, tenace durant la guerre, optimiste lors du règne communiste, elle s'est engouffrée dans la mélancolie il y a bientôt dix ans.
D'abord, on lui a pris un petit bout de jardin pour construire un atelier, afin d'abriter provisoirement deux machines de l'imprimerie de mon frère. Le figuier aux larges branches a été coupé, et sur son tronc rasé, les maçons ont posé les catelles grises du sol. A travers les fenêtres du premier étage, la Maison scrutait avec amertume cette prolongation hideuse d'elle-même, construite en béton de mauvaise qualité ; les nuits de pluie, de grosses larmes ruisselaient le long de la façade.

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 Bessa Myftiu est née en Albanie en 1961.
Fille de l'écrivain dissident Mehmet Myftiu, elle a émigré au début des années 1990 à Genève, où elle enseigne les sciences de l'éducation à l'université. Elle a choisi le français pour s'exprimer dans des essais, des poèmes, des romans, ainsi que des scénarios de film. Entre humour et tragédie, Confessions des lieux disparus fait revivre le quartier de son enfance pour raconter l'histoire romancée de sa famille, intimement mêlée au destin de l'Albanie communiste, à la fois patriarcale et extravagante.
Jeunesse
dans l'Albanie
des
années 60-70
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