![]() |
| Accueil > Sélections > Romans ancrés dans une terre - Sélection 2008 | Dernière mise à jour le : 15 avril, 2008 |
|
|
Romans ancrés dans une terre - Sélection 2008 | |
|
Prix Rosine Perrier I Auteurs de la sélection 2008 I Participez à l'élection 2008
Le chaud et le froid soufflent sur cette
septième sélection du prix Rosine Perrier. Le chaud, le froid sont deux états d'oscillation permanente pour nous lecteurs qui, tantôt, adhérons aux comportements des personnages, aux choix stylistiques des auteurs, tantôt, et peut-être seulement la ligne d'après, les condamnons pour une formule mal choisie ou le comportement décevant d'un protagoniste. Le feu, la glace dans les romans, ce sont les chocs qui brisent la monotonie d'une vie trop en place, passion et raison qui s'affrontent. Dans Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés, Ingrid Thobois nous livre le récit de deux amours qui bouleversent. Le feu, c'est aussi le tumulte de l'Histoire qui attaque ce bastion immuable que pouvait être la famille. Chez Diane Meur, dans Les vivants et les ombres, c'est l'histoire de la Pologne qui érode. Les passions aussi. Dans Le jeudi à Ostende de Colette Cambier, une dynastie s'use jusqu'à presque disparaître. Et quelle est cette ardeur brûlante qui pousse les hommes à ne pas courber l'échine ? L'engagement politique crée des chocs, ébranle des familles, enfante des fiertés. D'ardentes convictions contre un pouvoir installé, froid et cadenassé. En Roumanie, dans La symphonie du loup de Marius Daniel Popescu. Avec beaucoup d'humour, en Albanie dans le roman de Bessa Myftiu. La glace, c'est aussi la rudesse d'un climat, contrasté souvent par la chaleur, l'intensité des êtres qui le subissent ou s'en accommodent. Dans Les adolescents troglodytes, d'Emmanuelle Pagano, la chaleur, c'est le regard de l'héroïne sur ces enfants qu'elle convoie, c'est aussi la douce torpeur d'un bus qu'on entend ronronner. Le froid, ce sont les hauteurs ardéchoises. Chez André Bucher, la neige est un ennemi aussi perfide qu'apaisant. Le feu, c'est cette énergie simple qui pousse un homme au secours d'autres. C'est aussi la chaleur des souvenirs, comme un alcool réconfortant. Certaines atmosphères n'offrent que très peu d'espoir. Chez Jacques Chessex, le froid est mordant, la peur est bleue, toute trace de chaleur… immorale ? Dans le roman de Wilfried N'Sondé, Le Coeur des enfants léopards, elle est convoquée, tant bien que mal, par le biais de l'ancêtre et des souvenirs. Mais c'est trop tard, tout a déjà basculé. La chaleur, c'est enfin un climat, un dépaysement : dans Les Sabliers du temps, Virginie Langlois nous emmène en Irak, au côté d'une infirmière, pour un récit entre mirage et réalité. Yasmine Ghata choisit l'Iran comme théâtre d'un conte initiatique, sur les traces du père, dans Le târ de mon père. Plus proche de nos latitudes, Bernadette Pecassou-Camebrac nous invite en Pays basque, en compagnie de héros confrontés eux-aussi à la périlleuse négociation entre passion et raison. La sélection de cette année enrhumera ou provoquera peut-être quelques suées. En tout cas, elle ne devrait pas laisser indifférent. Justement appréhendé, un bon chaud-froid de temps en temps est, dit-on, terriblement sain pour le corps et l'esprit.
|