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Co-fondatrice des éditions Arléa, chercheuse de nouveaux talents, Catherine Guillebaud s'est elle même illustrée dans une écriture épurée et pudique en publiant trois romans aux éditions du Seuil. Les souliers lilas est dédié à sa grand-mère maternelle, Marie Alphonsine Samuel née en 1908 dans le village de Foncouverte en Savoie. Très tôt confrontée aux rudesses de la vie montagnarde, sa force de caractère l'a conduite à refuser un avenir tracé pour s'accomplir socialement. Ce portrait émouvant tisse un lien ténu entre deux générations. |
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Il faisait froid aussi, sur le chemin du Suel, lorsque, en sabots, tu rejoignais l'école du bourg, gros village de montagne. La vie était dure alors, non par manque d'amour, non, car il y en avait, mais par manque de confort, de facilités, de commodités. Une enfance comme la tienne, dans une ferme d'altitude, vous met à l'abri des faiblesses. Enfant de la montagne tu étais, enfant de la montagne tu restais. Et même si la tête oublie, toute ramollie par le confort et l'aisance d'une existence qui fut la tienne, le corps se souvient. Et c'est ton coeur de montagnarde qui battait encore, sans relâche, dans cette chambre presque anonyme où tu as fini ta vie.
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