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Vartan Berberian, qui a été officier de marine puis inventeur, a décidé de se tourner vers l'écriture à quatre-vingts ans pour témoigner de son
parcours dans Le figuier de mon père. Livre dédié à ses “trois patries : la France, l'Arménie, la Marine”, cette autobiographie est un devoir de mémoire envers ses parents “Hayrig” et “Mayrig” rescapés du génocide arménien de 1915. |
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Je n'ai hérité d'aucune terre. La terre est mon héritage pourtant. Terre qui s'est dérobée sous nos pas. Terre gorgée du sang des miens - tombés les yeux ouverts, victimes innocentes de l'éternelle haine et de la folie des hommes. Terre qui a vu, dans l'indifférence des nations, l'exter-mination de tout un peuple. Terre d'Arménie, nourrie de nos corps arables, à jamais assassinés et dont je suis l'un des orphelins. Terres du monde où, loin des champs de massacres, les survivants d'un peuple écartelé ont fini par planter d'autres racines. Terres neuves, que ces rescapés ont fait fructifier de par le monde… Au petit bonheur. Terre de France pour moi, qui suis enfant de ce pays, ma patrie nouvelle, où dorment ceux qui m'ont donné le jour.
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