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| Accueil > Ouvertures > Ouvertures N°16 > La tribune | Dernière mise à jour le : 11 février, 2008 |
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La tribune | ||||||
Le dossier : Lecture et personnes âgées
La personne âgée et le livreDr. Christiane Desoblin - médecin responsable de l'équipe médico-sociale gérontologique d'Annecy-Est au Département de la Haute-Savoie
Qu'est-ce qu'une personne âgée et qu'est-ce qui la différencie d'un autre public ? C'est une baisse de pratiquement tous les sens. C'est une baisse aussi de la mémorisation, avec une difficulté à se concentrer. L'énergie diminue et fait que l'ouverture à des choses nouvelles ou au contraire au maintien à des choses anciennes est plus pénible. Il y a aussi des freins locomoteurs à aller dans une bibliothèque, par exemple, à se déplacer vers un autre lieu que son domicile. Mais on peut très bien imaginer que des enfants ou des adultes aient les mêmes difficultés de ce côté-là. Spécifiquement, de façon plus générale, il y a une baisse des fonctions et une diminution à l'adaptation et à tous changements.
Est-ce qu'il est important de mettre en place des actions spécifiques pour les personnes âgées ? En bibliothèque, ou avec le livre, on peut mettre en place des projets sur des thèmes, en les rendant divertissants, attrayants, bien sûr. Après, sur la forme, on peut mettre en avant des documents spécifiques comme les cassettes audio de textes lus, des livres en gros caractères. La lecture, c'est d'abord le fait d'être informé, donc d'être sociabilisé d'une certaine façon. Et la télévision ne remplit pas ce rôle complètement car elle offre peu de recul : beaucoup de personnes âgées trouvent les informations « effrayantes », elles sont vite émues par ce qui est retransmis par les médias. Quand on n'est pas dans la vie sociale, on reçoit ça de plein fouet. Alors que la lecture est quelque chose de plus doux pour elles, elle permet de s'approprier des choses et de manière plus individuelle.
Le livre est-il aussi adapté à cette appropriation de l'information par les personnes âgées ? Avec la diminution des forces, les personnes âgées ont un certain handicap avec les livres qui parfois sont lourds. Pour les journaux, la question ne se pose pas même si la taille est parfois aussi une contrainte. Mais il existe des sortes de lutrins, par exemple, qui sont bien adaptés pour les personnes alitées, avec des tourne pages quand il y a une paralysie ou une très faible force musculaire. Il y a différentes adaptations ergonomiques possibles, comme les loupes ou les lampes grossissantes.
Est-ce que vous voyez des bénéfices de la lecture ? Oui, il y a forcément des intérêts personnels, mais c'est aussi un moyen de garder suffisamment d'attention à tout ce qui se passe ailleurs, pour des émotions extérieures. Et aussi, si une personnes fait du portage de livre à domicile, il y a un contact social, une ouverture, ou si la personne âgée va à la bibliothèque, des liens peuvent se nouer.
Le département de la Haute-Savoie mène-t-il des actions spécifiques en direction des personnes âgées ? Pour l'instant, non, mais nous sommes partants pour des partenariats très divers, avec des communes, des bibliothèques, pour des relais avec les personnes âgées. Je sais qu'il existe des initiatives des bibliothèques des Pays de Savoie en matière de lecture pour les personnes âgées et nous sommes prêts à aider et promouvoir ces projets, puisque nous travaillons d'abord sur les domiciles. Il y aurait encore beaucoup de choses à créer ! Des démarches locales par le biais d'établissements se mettent en place sur des opérations intergénérationnelles mais nous n'avons encore pas recensé ce genre de choses. Nous nous apercevons aussi de problèmes tels que l'analphabétisation qui parfois sont liés à des déficiences intellectuelles, des troubles neurologiques et là, il est difficile de développer des initiatives autour de la lecture. Contact : |