Savoie-biblio > Publications  > Ouvertures n°6 - Décembre 2002

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Anne-Marie Aguettaz aux multiples facettes
Propos recueillis par Sylvie-Anne Caraco - Médiathèque Victor-Hugo de Montmélian


Anne-Marie Aguettaz, intervenante fétiche à la Médiathèque Victor-Hugo de Montmélian depuis plus de dix ans, nous fait part de son expérience d'actrice, d'écrivain, de créatrice d'expositions et surtout de conteuse...

Pourquoi et comment devient-on conteuse ?

Je crois que j'ai toujours aimé raconter des histoires. J'en ai entendu beaucoup dans mon enfance, racontées par mon arrière-grand-mère. C'était des moments magiques. Quand j'ai eu des enfants, je me suis retrouvée dans la peau de celle qui transmet cet enchantement. Quand les enfants s'interrogent sur les valeurs fondamentales, la vie, la mort, la différence, la souffrance, les réponses des adultes risquent fort d'être confuses à cause de la barrière du langage, ou de la nature même de ces interrogations. Le conte donne des images, des schémas, une structure ; il envisage toutes les situations avec un bon sens séculaire et il permet de répondre sans mièvrerie, avec en plus cette particularité de laisser à celui qui pose la question - quel que soit son âge - d'apporter lui même des éléments de réponse. C'est ce génie du conte qui m'a donné envie d'être conteuse.

Quelles sont les difficultés de ce métier ?

Les difficultés ne sont pas très importantes en regard du plaisir qu'on a à l'exercer. Cependant il n'en n'est pas exempt. L'une d'entre elles étant de ne pas toujours être considéré. La conteuse (ou le conteur) ne déploie pas de grands moyens, il n'est pas spectaculaire, il n'a pas de performance à accomplir, seulement à se mettre au service d'une histoire. Cette nature modeste du conte peut engendrer une confusion regrettable et on est parfois reçu sans grands égards par certains organisateurs. Mais maintenant que le conte est redevenu populaire, c'est de moins en moins le cas.

Tu t'intéresses également au théâtre. Tu l'as montré à Montmélian pour le "Printemps des poètes" 2000 en créant un spectacle sur la fin de Robert Desnos : La nuit du poète.

Je touche à tout ce qui me touche ! J'aime bien que ce que je fais ait un sens. Quand une idée me paraît importante - dans le cas de La nuit du poète, on abordait le thème de l'antifascisme -, j'ai envie de la transmettre et dans ce cas-là, en m'appuyant sur des textes de Desnos et de Prévert, mes arguments étaient de poids !

Je t'ai découverte également au cinéma pour un "Ciné d'été". As-tu joué dans d'autres films ?
Je n'imaginais pas que ma brève apparition ait été remarquée ! Heureusement, ma carrière cinématographique se limite à ces dix secondes et c'est tant mieux ! C'est dur de voir sa bobine sur un grand écran. En revanche, j'ai fait partie de l'équipe technique sur d'autres courts métrages de Bernard et Patricia Fontvieille. Et aussi sur un long métrage tourné à Chambéry, ce qui est une expérience impressionnante même si le film n'a pas connu de succès.

Tu crées des expositions : la dernière concerne les romans policiers. Les enfants peuvent suivre un jeu de piste avec des énigmes.

Être conteuse c'est être dans l'imaginaire et jouer avec les mots. Le roman policier fonctionne sur les mêmes principes. On installe une tension et on conduit le lecteur à un dénouement : la clef de l'énigme qui a supporté le récit. Le conte est fondé sur les peurs fondamentales, le polar s'intéresse aux passions humaines qui sont les avatars des désirs et des angoisses de l'enfance. En tant que lectrice j'aime beaucoup le polar, en tant que personne j'aime l'enfance,
l'enfance aime jouer, j'ai fait le lien avec l'exposition Vous avez dit Polar ?. C'est un jeu qui repose sur la découverte d'indices à partir d'informations écrites, dans le but de résoudre une énigme. Pour moi c'est une merveille de voir les enfants (et les adultes) s'enthousiasmer, courir partout, échanger les informations. Je les vois heureux et ça me fait vraiment plaisir.

Tu écris des livres pour enfants. Ton dernier s'intitule : Le roi, l'enfant et le potier (paru chez Milan Poche Cadet).

Il y en a deux autres en cours chez le même éditeur pour le magazine Wakou. En fait, écrire et conter, pour moi c'est la même chose. Et on en revient à la question du début, sur le "pourquoi" du conte.
Les histoires que j'écris sont celles que j'ai racontées à mes enfants pour répondre à leurs questions. Au fur et à mesure qu'ils ont grandi, leurs questions sont devenues plus précises, ce qui a permis à mes histoires de grandir aussi. Maintenant qu'ils sont presque adultes, je vais peut être écrire des romans !

Bibliographie d'Anne-Marie Aguettaz
Le Roi, l'enfant et le potier de Anne-Marie Aguettaz, Frédéric Rébéna - Milan
Krik krak krok de A.-M. Aguettaz - Mango

Contact :
Anne-Marie Aguettaz
Tél. : 04 79 72 22 56
E-mail : AMAGriotte@aol.com

Découvrez un conte de Noël, Le chant du loup.

 

 

 

Dernière mise à jour le 16 décembre 2002