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| Savoie-biblio > Publications > Ouvertures n°6 - Décembre 2002 | ||
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EXPERIENCES ICI
Pourquoi et comment devient-on conteuse ? Je crois que j'ai toujours aimé raconter des histoires. J'en ai entendu beaucoup dans mon enfance, racontées par mon arrière-grand-mère. C'était des moments magiques. Quand j'ai eu des enfants, je me suis retrouvée dans la peau de celle qui transmet cet enchantement. Quand les enfants s'interrogent sur les valeurs fondamentales, la vie, la mort, la différence, la souffrance, les réponses des adultes risquent fort d'être confuses à cause de la barrière du langage, ou de la nature même de ces interrogations. Le conte donne des images, des schémas, une structure ; il envisage toutes les situations avec un bon sens séculaire et il permet de répondre sans mièvrerie, avec en plus cette particularité de laisser à celui qui pose la question - quel que soit son âge - d'apporter lui même des éléments de réponse. C'est ce génie du conte qui m'a donné envie d'être conteuse. Quelles sont les difficultés de ce métier ? Les difficultés ne sont pas très importantes en regard du plaisir qu'on a à l'exercer. Cependant il n'en n'est pas exempt. L'une d'entre elles étant de ne pas toujours être considéré. La conteuse (ou le conteur) ne déploie pas de grands moyens, il n'est pas spectaculaire, il n'a pas de performance à accomplir, seulement à se mettre au service d'une histoire. Cette nature modeste du conte peut engendrer une confusion regrettable et on est parfois reçu sans grands égards par certains organisateurs. Mais maintenant que le conte est redevenu populaire, c'est de moins en moins le cas. Tu t'intéresses également au théâtre. Tu l'as montré à Montmélian pour le "Printemps des poètes" 2000 en créant un spectacle sur la fin de Robert Desnos : La nuit du poète. Je touche à
tout ce qui me touche ! J'aime bien que ce que je fais ait un sens.
Quand une idée me paraît importante - dans le cas de La
nuit du poète, on abordait le thème de l'antifascisme
-, j'ai envie de la transmettre et dans ce cas-là, en m'appuyant
sur des textes de Desnos et de Prévert, mes arguments étaient
de poids ! Tu crées des expositions : la dernière concerne les romans policiers. Les enfants peuvent suivre un jeu de piste avec des énigmes. Être conteuse
c'est être dans l'imaginaire et jouer avec les mots. Le roman
policier fonctionne sur les mêmes principes. On installe une tension
et on conduit le lecteur à un dénouement : la clef de
l'énigme qui a supporté le récit. Le conte est
fondé sur les peurs fondamentales, le polar s'intéresse
aux passions humaines qui sont les avatars des désirs et des
angoisses de l'enfance. En tant que lectrice j'aime beaucoup le polar,
en tant que personne j'aime l'enfance, Tu écris des livres pour enfants. Ton dernier s'intitule : Le roi, l'enfant et le potier (paru chez Milan Poche Cadet). Il y en a deux autres
en cours chez le même éditeur pour le magazine Wakou. En
fait, écrire et conter, pour moi c'est la même chose. Et
on en revient à la question du début, sur le "pourquoi"
du conte. Contact : Découvrez un conte de Noël, Le chant du loup.
Dernière mise à jour le 16 décembre 2002 |
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