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Sur
les pas de Mario Rigoni Stern
Ce mois-ci Mario Rigoni Stern était de passage en Tarentaise sur les
lieux décrits dans son récit “En guerre“.
Il a pu rencontrer les collégiens et les lecteurs de Bourg-Saint-Maurice.
L ’écrivain italien Mario Rigoni Stern est né en 1921
dans les Alpes italiennes. Couronné de prix littéraires dans son pays,
encensé par la critique, il n’est sans doute pas assez connu des lecteurs
français. Pourtant son oeuvre ancrée dans la réalité a de quoi toucher
un large public.
Rigoni Stern écrit avec la terre de ses montagnes : ses récits, souvent
autobiogra-phiques, sont un hymne à la nature, ils ont l’odeur de la
neige recouvrant les sentiers, du bois que l’on transporte à la scierie,
ils ont la beauté des forêts et des alpages et la clarté du chant des
ruisseaux.
Mais la nature n’est pas la seule préoccupation de l’écrivain, il nous
parle aussi des hommes, ces montagnards, humbles, courageux qui essaient
de survivre et de rester dignes même durant les périodes les plus noires
de l’Histoire.
Car Rigoni Stern écrit aussi et surtout avec le sang de la guerre :
sentinelle de la mémoire, il témoigne des terres et des vies dévastées
après la guerre de 14-18, des traumatismes et de l’humiliation engendrés
par les années de fascisme.
extrait
Corinne Gervasoni - Savoie-biblio
Mel: corinne.gervasoni@cg73.fr
Orientation bibliographique
- Histoire de Tönle.-Verdier, 1988 ;
- Le sergent dans la neige.-10/ 18,1995 ;
- La chasse aux coqs de bruyère.- 10/18, 1997 ;
- L’année de la victoire.-Laffont, 1998 ;
- Les saisons de Giacomo.-Laffont, 1999 ;
- Retour sur le Don.-Desjonquères, 1999 ;
- Lointains hivers.- Mille et une nuits, 2000 .
Les livres de l’écrivain peuvent être empruntés dans les Bibliothèques
départementales de Savoie et Haute-Savoie.
La Bibliothèque de Bourg-Saint-Maurice (73) est aujourd’hui la
bibliothèque référente sur l’oeuvre de Mario Rigoni Stern. Elle est
à la disposition des bibliothèques du réseau Savoie-biblio pour toute
demande de prêt.
Les éditions La Fosse aux ours
La Fosse aux ours 1, place Jutard 69003 Lyon
À partir de 1997, la maison d’édition, installée à Lyon, a entrepris
de publier de la litté-rature française et étrangère.
Une attention particulière pour la littérature italienne est tout de
suite visible avec les parutions de “L’héritage Ferramonti” de G. C.
Chelli, puis de “Mon grain de sable” de L. Bolis, un livre très remarqué
par M. Polac.
Plus récemment, deux récits de l’écrivain sarde, Sergio Atzeni, sont
publiés : “Le fils de Bakounine” et “La fable du juge bandit”. Mais
c’est l’oeuvre de M. Rigoni Stern qui a la part belle. Ainsi sont parus
: “Arbres en liberté”, “Le livre des animaux”, “En guerre”, “Sentiers
sous la neige”. La Fosse aux ours participe avec d’autres éditeurs français
(Verdier, Laffont, etc.) a un regain d’intérêt pour cet écrivain transalpin
dont l’oeuvre phare, pour nous lecteurs, est peut-être “Histoire de
Tönle”, paru dans la collection Terra d’altri des éditions Verdier.
“Sentiers sous la neige” de Mario Rigoni Stern
Extrait - La Fosse aux ours, 1999.
"La faim, le manque de sommeil, la fatigue, un malaise qu’il
ressentait dans tous ses membres et qui était sans doute de la fièvre,
lui faisaient confondre lieux et époques. Pour l’instant, tout ce qu’il
savait c’est qu’il devait marcher vers l’ouest, à la fin d’une guerre
qu’il avait vécue du premier au dernier jour et qu’il avait refusée
depuis bien longtemps. Et c’est ainsi qu’il atteignit la frontière.
C’était la quatrième fois qu’il la passait : en revenant d’abord de
France, ensuite des Balkans, puis de Russie et maintenant d’Allemagne.
Il ne se rendait même plus compte de la chance qu’il avait d’être toujours
en vie. Il s’étonnait parfois de pouvoir encore bouger les jambes, de
pouvoir encore marcher. D’être sans ses camarades. Seul. Et il pensait
à une route où il avait si souvent joué quand il était enfant. Il passa
la crête de la frontière. Il n’y avait ni agents de la répression des
fraudes, ni douaniers, ni drapeaux. Personne. Les barrières étaient
relevées : par terre, tout autour, des formulaires et des papiers, quelques
armes abandonnées, des boîtes de conserves vides, des excréments. Sur
un journal, dans la poussière de la route, il lut un titre : “Mussolini
gestorben” 1 , mais, contrairement au 25 juillet
1943 2 , il n’éprouva aucune émotion.”
1. Mussolini est mort. N.D.A.
2. Débarquement des Alliés en Sicile
Dernière
mise à jour le 19 octobre 2001
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