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Bibliothèque et milieu pénitenciere à Bonneville

Après la signature, fin 1997, d’une convention de partenariat "d'Action culturelle en milieu pénitentiaire” entre la Direction régionale des services pénitentiaires (Drsp) et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), l’Agence Rhône-Alpes pour le livre et la documentation s’est vue confier la mission de favoriser la mise en oeuvre d’actions culturelles dans les treize établissements pénitentiaires de Rhône-Alpes. Un état des lieux a été réa-lisé par Odile Cramard (Arald) qui a contacté la bibliothèque de Bonneville*.

En octobre 1999, une convention était signée entre la ville de Bonneville, la Maison d’arrêt, et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Haute-Savoie.

Cette convention porte sur l’aide technique à la gestion des biblio-thèques de la Maison d’arrêt, le prêt de documents et le soutien à l’animation autour du livre.

Il était également convenu que nous essaierions d’impliquer la Bibliothèque du département, dans un partenariat à définir.

La Maison d’arrêt de Bonneville possède deux “bibliothèques”:
Dans le quartier “homme” (180 détenus environ), un espace sur deux niveaux propose près de 3 000 ouvrages en prêt direct. Les détenus ont l’autorisation de s’y rendre pendant leurs heures de promenade. Cette bibliothèque est gérée par un détenu, désigné par le chef d’établissement. Le catalogage et le prêt sont informatisés.

Du côté “femme” (12 détenues au plus), deux armoires fermées à clé et surchargées, tiennent lieu de bibliothèque. L’accès ne se fait que lorsqu’une personne de l’établissement s’en occupe, une surveillante le plus souvent. Dans un premier temps, nous avons réalisé un important désherbage, au quartier “homme”. Outre qu’il était réellement nécessaire, celui-ci a aussi permis de dégager une place pour accueillir ouvrages de la Bibliothèque municipale
.

Tous les trois mois, nous prêtons une centaine d’ouvrages sélectionnés par nos soins, ou demandés par les détenus, sans aucune censure. La Maison d’arrêt ayant obtenu des crédits pour la mise en place d’un atelier d’écriture, nous avons proposé un écrivain susceptible de pouvoir le mener, en la personne de Jean-Pierre Spilmont.

Toutefois, notre travail sur le site, à raison d’une matinée tous les 15 jours (maximum de nos possibilités), ne permet pas une action suivie. Les détenus d’une Maison d’arrêt étant, par définition, en courte peine ou en attente de jugement, nous avons déjà eu affaire à quatre détenus bibliothécaires différents. Le mode de fonctionnement particulier des établissements pénitentiaires multiplie les interlocuteurs. Les travailleurs sociaux, qui supervisent les activités culturelles, sont sous la tutelle hiérarchique du SPIP, situé à Annecy. Mais, très logiquement, ils rendent aussi des comptes au chef de l’établissement à Bonneville. Les conditions de travail délicates du personnel compliquent encore les choses en cloisonnant les tâches de chacun. Il est difficile de mener des projets transversaux.

Avec l’arrivée d’un agent de justice (emploi-jeune) qui devait nous relayer au quotidien, nous avions pu entamer certaines actions de fonds et esquisser plusieurs animations : mise à niveau de la bibliothèque chez les femmes, formation des détenus bibliothécaires, suivi de l’atelier d’écriture et du journal des détenus, etc. Malheureusement, cette personne a quitté son poste et nos efforts ont été sérieusement ralentis.

Avec la signature prochaine d’une convention entre Savoie-biblio, la Maison d’Arrêt et le SPIP, où un nouveau directeur vient d’arriver, nous espérons pouvoir rapidement repartir sur de bonnes bases.

* Le Centre pénitentiaire d’Aiton en Savoie (400 détenus) signait d’autre part une convention dans le même cadre avec le Conseil général de la Savoie (Bibliothèque départementale).

Bibliothèque et milieu pénitentiaire à Bonneville
Thierry Caquais -Directeur de la Bibliothèque municipale de Bonneville .

Contact
Thierry Caquais
Bibliothèque municipale
Tél. : 04 50 97 26 94