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Expériences
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Regard Adrienne Monnier
et la Maison des Amis des Livres
Je viens de prendre
place à l'une des tables de bois de la bibliothèque de
La Sorbonne. C'est là que je vais écrire sur Adrienne
Monnier. Là, parce que je sais que je ne pourrai pas parler d'elle
autrement qu'avec cur et âme, et que pour cela, j'ai choisi
un lieu d'études, comme elle avait choisi la rue de l'Odéon,
numéro 7, pour installer sa librairie, parce que l'idée
de pensée lui était chère. Il faut que je vous
parle d'elle pour que vous compreniez bien quelle femme c'est et combien
elle est admirable, et je voudrais seulement qu'après ces quelques
lignes, vous vous précipitiez chez votre libraire, à la
bibliothèque, pour la lire, et peut-être aussi que vous
ayez envie de lui ressembler, tant sa clarté est grande, inspirante.
Elle doit être au cur de vous comme elle a donné
les pulsions au cur vivant de la littérature, toute sa
vie. Sa vie, difficile,
de libraire où elle fait ses comptes, reçoit, sourit,
parle, écrit et invente tout. De l'idée même de
librairie à la revue " Le Navire d'argent ",
qu'elle lance et dirige, ou " Mesures ". Oui, La Maison
des amis des livres est aussi un cabinet de lecture, elle encourage
les bibliothécaires, libraires, et amateurs à publier
des critiques dans ses gazettes, à être de vrais lecteurs,
développe l'esprit critique de ses amis. Nous avons beaucoup de chance. Adrienne Monnier est venue souvent ici, en Savoie, au Désert, village de sa mère . Je veux bien croire que son esprit souffle encore sur les montagnes, dans les plaines et qu'on imaginera toujours possible, par la grâce d'elle, que les livres, leurs auteurs et tous les amateurs que nous sommes n'aurons de cesse d'inventer à jamais le monde. " L'amateur, le vrai amateur, ne se trompe pas, puisqu'il ne suit que son goût. Ses acquisitions enrichissent, non sa bourse, mais sa personne, elles lui portent bonheur, dans le vrai sens du terme. " * Et puis un jour,
cette femme gourmande, a mis fin à toute cette entreprise, souffrant
trop d'un incurable mal, en 1955. Elle avait tenu librairie de 1915
à 1951.
Sylvie Gouttebaron dirige le Festival du Premier roman. En 2000, elle a publié " Comme en l'image " aux éditions Dumerchez.
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Je la saluerais volontiers de ces vers d'Emily Dickinson
: " Ce que je peux faire - je le ferai - Bien que ce soit aussi minime qu'une Jonquille Ce que je peux faire - doit rester Inconnu au possible " Là semble être sa force : volonté, enthousiasme, patience. |
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