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Isabelle Vidal, responsable de la médiathèque de Megève
Qu’entend-on
par« public saisonnier » ?
Voici la définition retenue par l’INSEE :
le tourisme comprend « les activités
déployées par les personnes au
cours de leurs voyages et de leurs
séjours dans les lieux situés hors de
leur environnement habituel pour une
période consécutive qui comprend
au moins une nuit et ne dépasse pas
une année, à des fins de loisirs, pour
affaires et autre motif ».
Dans les bibliothèques présentées
ici, il s’agit donc des vacanciers, des
curistes, des résidents non permanents, des travailleurs
saisonniers,
en provenance de tous pays.
Les bibliothécaires exerçant en station touristique
ont depuis longtemps
mis en place des stratégies spécifiques en direction
de ces publics, de
leur propre initiative ou en fonction
d’une demande de leur tutelle. Car
ne nous y trompons pas, bien que
souvent méconnu, le public saisonnier n’a rien d’anecdotique
dans
nombre d’établissements.
En effet, il représente avant tout un
enjeu économique pour les communes concernées :
quand le tourisme
est un élément fort, voire essentiel de
l’économie locale, sa prise en compte doit se faire
dans tous les équipements, y compris la bibliothèque.
En
station de montagne, où les activités
(sportives ou autres) sont fortement
soumises aux conditions météorologiques, disposer
d’une offre d’activités d’intérieur
est indéniablement un
plus vis-à-vis de la clientèle.
Dans le même temps, l’enjeu est également
local pour les élus : dans
un équipement ouvert à l’année, il
s’agit de proposer un lieu commun
aux différents publics (annuels et
saisonniers), qui souvent
s’ignorent voire parfois
s’opposent. L’objectif est
alors de faire naître la rencontre et l’échange à
travers le partage du lieu et
de ses activités.
La mission culturelle de la
bibliothèque est alors
d’autant plus mise en
avant : mission d’ouverture
vers la création littéraire et
les cultures étrangères
pour le public permanent,
valorisation du patrimoine
local pour les visiteurs
extérieurs, et vice versa.
Il ne faut pas non plus oublier
l’objectif de loisir et de détente associé aux
vacances : les politiques
documentaires et d’animations
reflètent cette spécificité pour les
bibliothèques tournées vers le public
saisonnier.
Pour nous professionnel(le)s, il faut
s’adapter à la saisonnalité et cela
implique quelques ajustements dans
l’organisation de l’activité : extension
des horaires, embauche temporaire
de personnel d’accueil supplémentaire, programmes
d’animations plus
fournis, formation aux langues étrangères, partenariats
avec d’autres structures, culturelles ou
non… Et le plus important, bien
prendre en compte le constant
renouvellement du public, l’accueil
exige alors patience et capacité
d’adaptation. D’autant plus que nos
missions sont parfois mal identifiées,
ce qui donne lieu à des situations un
peu décalées.
En conclusion, nous devons mettre
en place des projets d’établissement
en adéquation avec les particularités
de nos territoires. Valoriser notre
environnement et faire vivre nos
bibliothèques en allant au devant
d’un public qui peut-être ne nous
connaît pas, et sans qui nous ne
serions peut-être pas là…
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