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Accueil > Ouvertures > Ouvertures n°29 : juin-juillet 2010 > Patrick Chauvin, Artiste plasticien Dernière mise à jour le : 9 juillet, 2010

 

Patrick Chauvin, Artiste plasticien

Patrick Chauvin, architecte, titulaire d’un DEA de sociologie, après de nombreuses années à construire des bâtiments, s’oriente vers la scénographie et la création artistique. Savoie-biblio lui a commandé l’exposition « Pays de Savoie », présentée au salon du livre de Genève 2010 (exposition à découvrir sur le site www.savoie-biblio.com).

Comment êtes-vous arrivé à la scénographie et notamment la création d’exposition comme « Pays de Savoie » ?

L’architecture était un cadre dans le lequel on pouvait concilier une réflexion sur les pratiques sociales et sur la concrétisation des formes et d’avoir une implication un peu plus directe que de simplement analyser les choses. Suite à mes études d’architecte, j’ai exercé pendant 8 ans avec d’autres partenaires sur la région Picardie, où nous avons construit du logement, des équipements. En 1990, j’ai eu envie de poursuivre cette démarche mais de manière plus ludique, avec des temps de réponses plus rapides. Les projets d’architecture prennent plusieurs années à sortir de terre, c’est assez lourd et en même temps enthousiasmant car les réalisations ont une certaine échelle. Mais j’avais envie de créer des choses plus rapidement et qui soient plus ludiques. J’ai donc monté un atelier au début pour plutôt réaliser des interventions urbaines, à une époque où se développaient beaucoup la communication dans les villes. J’ai ensuite monté des expositions extérieures et j’ai gagné un concours de sculpture pour créer une sorte de scénographie urbaine, avec un personnage articulé qui mettait en scène les évènements d’une ville. De fil en aiguille, j’ai développé toutes sortes de projets de mise en scène, sur de l’évènementiel, sur des projets urbains.

Je réponds à des commandes, sur des dispositifs assez précis liés à des opérations culturelles, pédagogiques, de communication et parallèlement, je mène un travail de recherche sur les mots : entre le sens du mot et une forme de matérialisation qui puisse jouer avec ce sens.

Quelles sont vos réalisations marquantes au niveau de la scénographie et du travail autour des mots ?
Cela fait 20 ans que je pratique cette réflexion et que j’enchaîne environ sept projets par an, qui peuvent aller d’aménagement de péniches dans le cadre du Festival de l’eau, d’instruments mobiles avec le musée de Dunkerque, des sortes d’architectures à Besançon avec « Le Doubs été », des réalisations assez diverses qui sont à la frontière entre architecture, travail plastique… et culture ! Ce travail avec les mots devient de plus en plus présent, ce qui me permet d’investir plus intensément mes projets de commande - précis et assez encadrés - par cette recherche autour des mots.
J’ai toujours ma vision constructive d’architecte, avec les lignes, les volumes, les espaces et en même temps, j’essaie de déconstruire les réalisations pour une lecture plus immédiate.
J’aime cette confrontation entre la rigueur et ce qui est pensé d’une manière rationnelle et ce que les évènements modifient et font apparaître de plus vivant.
Je viens de terminer un travail au Festival du mot, à la Charité-sur- Loire, avec un voyage du « ici », pour créer des lieux utopiques et d’interpellation de la population.